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 Les Égouts

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Paul Rochel
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MessageSujet: Les Égouts   Lun 6 Aoû - 23:11

Un puissant courant m'avait envoyé directement contre une grille ouverte, sous la Seine. J'étais certain que j'allais me noyer, n'ayant jamais su retenir ma respiration très longtemps. Par plusieurs fois cela avait failli arriver. J'étais dans la merde, littéralement. Et jusqu'au cou en prime. Je me débâtai contre un torrent trop puissant pour être remonté. J'étais secoué de part en part, je me cognai toutes les cinq secondes contre les rebords, mes mains trop glissantes pour avoir une prise ferme et assurée. Un siphon m'emporta sous les canalisations. Il créait un petit tourbillon à peine visible à la surface. Je m'enfonçai profondément sous l'eau, les yeux ouverts inutilement puisqu'il commençait à faire beaucoup trop noir.

J'étais désormais dans une sorte de tube, qui se vidait dans un bassin à plusieurs mètres en dessous. J'étais à la fois content et apeuré, puisque j'allais forcément y tomber. Cela signifiait que j'aurai de l'air pendant encore quelques secondes, on verra pour la suite. Je tombai lourdement dans le réservoir, duquel étaient pompés plusieurs cours d'eau différents. J'étais encore une fois happé contre mon gré vers une immense grille, à trous très fins. Ma folle descente avait enfin pris fin. J'étais donc coincé contre du grillage, dans un conduit étroit. Ma jambe droite était quasiment derrière ma tête. Au prix d'un effort terrible, je m'accrochai aux joints de la canalisation. De la mélasse sale, immonde, me rentrait dans la bouche et je n'avais d'autre choix que de l'avaler.

J'avais désormais une prise solide. Joints par joints, je sortis de la canalisation, terrifié. Toujours accroché au rebord, j'atteignais une échelle et la remontait péniblement. J'avais mal dans tout le corps, normal après ma chute contre l'eau à une vitesse pareille. Je vomissais copieusement contre le sol, j'étais à quatre pattes. Estimant que j'étais hors de danger pour le moment, mon corps se laissa aller et je sombrai dans l'inconscience.
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Paul Rochel
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MessageSujet: Re: Les Égouts   Mar 7 Aoû - 0:53

Je me réveillai, pieds et poings liés. J'étais dans une cage en bois, qui paraissait trop dur pour être tordu ou cassé. Il y avait d'autres cages, à proximité. J'essayai de me relever, avec succès. J'observai les environs. D'autres types, enfin types, il y avait aussi des femmes et des gamins, étaient enfermés au même titre que moi. On m'avait mis une espèce de robe noire toute déchirée et plein de sang. Tout comme on m'avait confisqué le FAMAS. Ou peut-être l'avais-je perdu pendant ma petite nage.

Le toit était composé d'immenses voûtes, qui laissaient çà et là transparaître la lumière. Le tout restait cependant sombre et on entendait parfois des gouttes tomber au sol, entre deux gémissements plaintifs. Le sol était pour sa part gris et dallé, sans aucun motif J'avais faim, très faim. Je me demandai depuis combien de temps j'étais ici, avant d'entendre une lourde porte de pierre s'ouvrir dans mon dos. La scène me choqua. Un zombie à la mâchoire défoncée et avec les jambes cassées était traîné par ce qui ressemblait à deux moines. Ils se dirigèrent vers la gauche de la grande pièce, puis jetèrent le zombie dans une fosse. Du moins je pensais qu'il s'agissait d'une fosse.

Ils remarquèrent mon éveil et se dirigèrent vers moi. D'un air chaleureux, un sourire au lèvre découvrant leurs dents blanches, ils s’adressèrent à moi.

"Bonjour, création du Tout-Puissant. Nous sommes heureux de vous voir en si bonne forme ! Les temps sont difficiles, vous en conviendrez."

Je restai muet, sidéré.

*Des foutus moines, vraiment ? Ils ont pété un câble pour nous enfermer ?*

"- Voyez-vous, création du Tout-Puissant, nous sommes des moines de l'ordre de Saint Pariel, notre protecteur à tous.

- Saint Pariel ? Jamais entendu parler."


J'avais beau chercher, le nom ne faisait référence à rien de ce que je connaissais.

"Oh, c'est dommage, nous allons remédier à cela. Saint Pariel est le nouvel Archevêque de Paris. Le jour où les morts sont revenus parmi les vivants, il nous a guidés jusqu'ici, en prêchant la bonne parole. Il a su nous mettre à l'abri de tous les dangers du monde supérieur et a prouvé maintes fois qu'il était le plus pur d'entre tous."

Je ne comprenais pas. C'était une histoire de fou.

"Le message qu'il délivre est très simple, en vérité. Ces morts qui se relèvent sont la punition que le Seigneur, dans Sa grande sagesse, nous inflige à tous. Seulement, le profane basique n'est pas capable de comprendre cela. Aussi Saint Pariel nous a-t-il donné une raison d'exister un peu plus longtemps. Notre ordre est là pour aider la purification Divine, à l’accélérer du mieux que nous le pouvons en tant que simples hommes. C'est un travail que nous estimons honorable et digne d'estime, sachez-le."

Je n'en revenais toujours pas.

"Mais vous êtes malades ! C'est pour ça les cages ? Nous donner à bouffer à ces sacs de viande ?"

L'un des moins prit une posture très paternelle et d'une voix très douce et agréable répondit à ma question.

"Allons, allons, mon fils. Vous ne servirez pas de nourriture ! Vous servirez un dessein bien plus grand que vous. Celui du Tout-Puissant. Nous devons aider les profanes à accepter leur sort, car c'est ce qu'ils doivent faire. Ils doivent se séparer de l'infamie, pour être finalement libérés grâce aux armées du Divin. Grâce à nous, vous connaîtrez l'éternité au Paradis ! Pourquoi croyez-vous que les morts se relèvent, création du Tout-Puissant ? Parce que les cellules cérébrales se reconstituent ? Ce sont de simples chimères destinées à vous tromper ! Réfléchissez-y bien, mon fils. Quand vous vous faîtes dévorer par l'un de ces morts, il libère votre âme de cette enveloppe charnelle sale et corrompue ! Ils ouvrent la voie vers le Seigneur lui-même, en absorbant tout le mal en vous ! Et c'est ainsi que plus tard, votre corps vide d'âme se relèvera, poussé par le souffle imperceptible de Dieu lui-même ! Il chassera alors immanquablement, sans jamais fatiguer, toute la pourriture dont est composée la Terre !"

J'étais épaté par toutes ces conneries. Le pire, c'est que ça se tenait en y réfléchissant un peu... Voyant mon air hébété et mon manque de réaction, les deux hommes rebroussèrent chemin...
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MessageSujet: Re: Les Égouts   Mar 7 Aoû - 12:23

Ils me gardaient enfermé, avec un minimum de deux repas par jour. Il y avait bien pire, comme conditions. J'avais perdu le compte des jours au bout de trois. De temps en temps un moine s'amenait, jamais le même. Il désignait quelqu'un et des personnes armées d'armes automatiques s'en saisissaient et les amenaient je ne sais où. J'avais tenté de parler à d'autres détenus, mais c'était impossible en dehors des quelques minutes de liberté qu'on avait par jour. Qui plus est ils n'étaient pas forcément très loquaces et ne savaient pas grand chose de plus que moi. J'avais simplement appris que personne ne s'était encore échappé. Les plaques d'égouts du dessus étaient complètement scellées et toutes les sorties étaient gardées. Il y avait un garde ou deux, peut-être plus, qui patrouillaient constamment dans la zone, rendant toute évasion très compliquée.

J'avais l'affreuse impression que ceux qui partaient, le faisaient pour mourir. Être libérés, m'auraient dit ces foutus moines. La porte de pierre s'ouvrit une nouvelle fois. Un moine, accompagné de deux loubards, se dirigeait dans ma direction. Je priais presque pour qu'ils changent de direction de façon soudaine ou inattendue. Ils n'en firent rien. Pire encore le moine, à la tonsure dorée, me fixa droit dans les yeux et eut un sourire débordant d'affection et de sympathie.

*Ils sont convaincus de nous aider...*

Ils ouvrirent la cage et me détachèrent les pieds. Un bon point pour moi, mais ils n'en avaient pas la moindre idée. Le moine m'ordonna de les suivre, en insistant bien sur le fait que je devais rester "sage", selon ses propres termes. J'étais mort de trouille, à tel point que j'en suais à grosses gouttes. Mon front perlait plus qu'une rosée du matin. Nous avions passé la porte, pour arriver dans un long corridor rempli de vitraux et de broderies, qui relataient pour la plupart des scènes de mort et de destruction. Il y avait un tapis violacé au sol, brodé d'or sur les côtés. Le tout donnait une allure sombre à la pièce, malgré quelques torches fixées aux murs. Il y avait plusieurs portes dans ce couloir. Elles semblaient lourdes, tout comme celle de l'endroit où l'on était retenu. Le moine me jeta un regard d'homme éclairé de ses yeux couleur noisette. Il me fit comprendre que je devais entrer dans la pièce en face de nous.

Je suivis l'ordre tacite, avant d'entrer dans une somptueuse salle, où des colonnes me rappelant l'époque romaine soutenaient un toit composé de grandes arches gravées. Je n'arrivai pas à voir ce qu'étaient ces gravures d'ici, je ne comprenais donc pas leur utilité. J'avançai lentement, quelque peu engourdi par quelques jours de détention. Au détour d'une des colonnes, une voix me héla gentiment. Un homme avec tout l'attirail pontifical me toisait du haut d'un trône fait d'or et de pourpre. Il avait, sous sa coiffe blanche montée d'une croix dorée, des cheveux d'un blanc pur. Des yeux d'un bleu froid, quasiment arctique, s'étaient posés sur moi. Ils étaient agrémentés de pattes d'oie, signe révélateur d'un âge plutôt avancé.

*Je ne suis pas vraiment sûr qu'il soit toujours Archevêque...*

Il décida de commencer le dialogue.

"Gratus, filius Dei."

Quelque chose dans sa voix vous donnait envie de faire tout ce qu'il vous disait. Il s'en dégageait une assurance et une paix personnelle incroyable. Je lui répondis, mon latin étant légèrement rouillé.

"Gratias, Pater."

Je venais de le saluer très respectueusement, allant jusqu'à lui dire "merci" et l'appeler "mon Père". Je ne pouvais pas m'empêcher de le respecter, il avait une prestance surnaturelle et quelque chose de terriblement charismatique. Je me laissai happer dans la conversation.

"-Sais-tu pourquoi tu es ici, mon Fils ?

-On m'a vaguement parlé de... De repentir, pour résumer."


Le vieil homme eut un petit rire de satisfaction et d'une voix compatissante me dit :

"Bien, profane. Le fait de comprendre ce geste est un grand pas. C'est très bien, mon Fils. Tu es à une période clé de ton existence désormais et je suis heureux de voir que la voie du Tout-Puissant t'a touché. Es-tu prêt à accepter Sa colère, es-tu prêt à te soumettre à Sa force incommensurable, enfant de Dieu ?"

Je pouvais sentir les majuscules lorsqu'il parlait. Une expérience singulière. Il venait de me promettre une mort imminente, une libération divine. Et pourtant je le regardais encore comme un enfant regarde un héros. Ça avait le don de m'énerver au plus haut point, tout en m'apportant un certain confort.

"Je ne veux pas être livré à ces monstres. Ce que vous dites, ce que vous prêchez, cela fait écho en moi. Mais c'est contraire à tout ce en quoi je crois, tout ce sur quoi j'ai fondé mon existence..."

Saint Pariel me regarda d'un œil compatissant.

"La peur est inévitable devant la vérité pure. Regardez la force de ma foi et au fond de vous vous verrez que j'ai raison."

À peine avait-il lâché la dernière syllabe de sa phrase que deux sacs de viande étaient sortis de l'ombre, sur les côtés. Mon cœur s'arrêta l'espace de quelques secondes, j'étais à peu près certain qu'il voulait me sortir par la gorge. Mais quelque chose d'étrange se passa. Les créatures n'attaquaient pas, ni Pariel ni moi. Elles se contentaient de rester là, à me regarder de la même manière qu'un prédateur devant sa proie.

"Vois Sa toute-puissance ! Ressens-là au fond de ton cœur et nourris-t-en, enfant de Dieu ! Ces pauvres âmes ont été mises à mes ordres, appointées par l'Être Suprême en personne !"

Il hurlait presque, d'un ton fanatique. Il avait levé les bras au ciel et je pu remarquer le sceptre qu'il tenait dans la main droite. Les deux zombies, dont les yeux étaient bleu glacier, s'excitèrent. Ils bougèrent dans tous les sens, comme pris de convulsions, avant de lâcher un puissant râle, la tête vers le plafond. Je n'en menais pas large, j'étais même terrifié. Il y avait quelque chose de malsain chez Pariel. Je n'arrivai pas à définir quoi, mais c'était là j'en étais sûr. Alors que ses morts-vivants terminaient leur cri gutturaux, il posa ses yeux sur moi, tout en baissant ses bras.

"Cela suffira-t-il à te convaincre, mon Fils ?"

Mon cœur voulait se jeter à corps perdu dans sa cause, mais mon esprit était récalcitrant. J'étais intimement persuadé que Saint Pariel était fou à lier. Comment il avait réussi à "dresser" les sacs à viande, ça c'était tout autre chose.

"Désolé, mon Père. Je ne peux pas."

Il me regarda, visiblement peiné. Si il jouait la comédie, c'était un sacré acteur. Car il me donnait vraiment l'impression de ressentir une profonde tristesse pour moi.

"Deus custodit te, fili mi."

Les deux zombies se retirèrent, et Pariel appela ses gardes. Ils vinrent me chercher, puis après quelques secondes de marche me jetèrent dans une petite salle avec trois autres personnes.
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MessageSujet: Re: Les Égouts   Mar 7 Aoû - 17:05

On nous avait parqués, à quatre, dans une salle exiguë. Le temps était passé lentement, bien plus lentement que quand j'étais enfermé. On avait reçu seulement un repas en deux jours, la faim nous tiraillait tous. Aucune pudeur ne pouvait s'installer, il fallait uriner et déféquer devant les autres sans vergogne. Les moines avaient la gentillesse de venir chercher notre sceau toutes les huit heures environ. On avait eu l'occasion de beaucoup discuter. Il y avait une femme, rousse, deux grands blacks qui disaient venir de Saint-Denis et moi. Tous étaient certains d'une chose, ils allaient finir dans la gueule d'un zombie sous peu.

La rouquine avait parlé d'un plan pour s'évader, de feindre un problème quelconque. Mais ça ne marchait que dans les films ce genre de choses. L'un des hommes lui avait même répondu qu'on se prendrait simplement une balle dans les jambes en faisant ça. Elle l'avait fermé pendant plusieurs heures après ça. Pour le mieux, je devais l'avouer. Alors qu'on parlait de poulet fris, on entendit un bruit, comme un clapet qui s'ouvrait. La seconde d'après, nous étions entourés d'une étrange fumée. Pariel choisit ce moment pour arriver, accompagné de plusieurs moines et de gardes armés. La fumée avait disparue aussi vite qu'elle était arrivée.

"Maintenant mes enfants, dormez. Le Seigneur veillera sur vous, car Il est bon et généreux !"

Il écarta les bras, en prolongement de ses épaules, et prononça quelques mots en latin.

"Paenitentiam, profanum !"

Juste après sa phrase, nous nous endormions, sous les regards subjugués de la congrégation monastique.

*Il sait se mettre en scè...*
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MessageSujet: Re: Les Égouts   Mar 7 Aoû - 20:38

J'émergeais, les mains attachés. Ces tarés nous avaient installés comme le Christ sur la croix. Les deux blacks et la rousse étaient déjà réveillés. Nous étions dans une salle circulaire, entourée de cierges. Face à nous se trouvait un crucifix en marbre, peinturluré de rouge au niveau de la couronne d'épine. Le sol était sableux et surtout couvert d'hémoglobine. Les moines, ainsi que Pariel, se trouvaient au-dessus de nos têtes, derrière des piliers. Ils nous regardaient avec pitié et compassion, comme à leur habitude.

Saint Pariel, voyant que j'étais finalement réveillé, commença alors à s'adresser à ses suivants.

"Mes fidèles amis et hommes de foi, une fois encore nous rendons grâce à Dieu, car Il a su nous montrer la voie ! Nous Le remercions pour Ses enseignements et Sa sagesse, tout aussi intemporels qu'ils puissent être !"

Un chœur résonna à l'unisson par dessus nos corps. Les moines chantaient quelque chose en latin, signifiant à peu près que nous allions être délivrés de notre infamie et absouts de nos péchés. Marc, le plus vieux des deux blacks, jeta un regard furieux en direction de Pariel. Il hurla qu'il allait l'attraper et le réduire en miette. Il commença à remuer ses liens, faisant bouger la croix sur laquelle il était attaché.

L'assemblée monastique venait de terminer son chant. Pariel reprit la parole.

"Fratres orate pro animabus suis !"

*Prier pour nos âmes tu parles !*

Ils commencèrent à réciter des prières, sans que chacun ne dise la même. Je grognais furieusement, gigotant dans tous les sens pour échapper à l'emprise de ces maudites attaches. Cela me brûla légèrement le poignet. Une porte dérobée s'ouvrit devant nous. Quatre paires d'yeux fluorescents transperçaient les ténèbres dans lesquels les sacs à viande se trouvaient. Un spectacle terrifiant, cette lumière bleu halée qui vous sonde l'âme. Leur regard était si menaçant, qu'il pouvait presque nous hurler notre sort prochain.

La rouquine se mit à hurler furieusement. Marc, pour sa part, commençait à gagner le combat contre ses entraves. Alors que l'un de ces monstres s'approchait de lui, il réussit à se libérer et lui asséna un crochet du gauche à en faire pleurer Joe Frazier. À mon grand étonnement, le crâne de la bête en fut quasiment fendu et elle ne se releva pas.

"Eh, libère-moi Marc ! Je suis prof de Taekwondo tu te souviens ? À deux on pourra les avoir !"

Les moines, étonnement, continuaient à prier. Marc se rua vers moi pour détacher mes liens. Il fit assez vite pour qu'on ne soit pas débordés, mais deux des monstres s'approchaient dangereusement de la rouquine. Avant qu'on n'ait pu faire quoi que ce soit, elle se faisait bouffer le tibia. L'autre black, Malik, donnait des coups de pieds désespérés dans leur direction, mais rien n'y faisait. Il fallait vite le détacher lui aussi, sans quoi il allait vite crever. J'ordonnai à Marc de s'atteler à la tâche en hurlant. L'un de ces monstres avait couru dans ma direction, dans un silence dérangeant. Je lui assénai un high kick en bonne et due forme, ce qui le fit chuter dans un nuage de poussière. Les deux zombies qui dévoraient la rouquine avaient eut assez d'intelligence pour s'arrêter en plein action et tenter d'attraper Marc. Il se dégagea de l'un d'eux, puis frappa l'autre en pleine poitrine. J'arrivai pour lui porter soutien. Il prit celui de gauche, le souleva quasiment au dessus de lui et le projeta contre le mur d'en face. Je balaya l'autre et lui donnait un coup de pied descendant en plein dans le nez, dont le cartilage céda.

Le troisième zombie, que j'avais frappé en premier, s'était relevé et avait attrapé Marc dans le dos. Il lui asséna un coup de coude terrifiant et il mourut à son tour. Il n'en restait plus que deux, dans un très mauvais état. Je me précipitai vers Malik pour le détacher. Une fois au sol, il me remercia. Je me retournai pour voir un Marc triomphant et deux sacs à viande réduits en charpie.

*Effrayant...*

Sans perdre de temps, nous nous enfoncions par le trou d'où les zombies étaient apparus. On n'y voyait pas à plus d'un mètre.
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MessageSujet: Re: Les Égouts   Mer 8 Aoû - 13:26

On était arrivés dans une immense salle, au détour d'un couloir. La lumière y pénétrait un peu, ce qui nous avait rassuré après avoir passé près d'une heure dans le noir complet. J'avais couru comme un dératé tout du long, avant de ne plus entendre autre chose que nos pieds frappant le sol. J'étais persuadé qu'on était suivis ou observés par quelque chose. Dans le noir, la paranoïa est de plus en plus présente. Chaque petit courant d'air, chaque goutte d'eau qui tombe, tout met le cerveau en alerte maximale. Le bon côté de la chose, c'est qu'on devient plus alertes, qu'on utilise absolument tous nos sens. On était donc trois pauvres types, perdus sous Paris, ou peut-être une autre ville. On s'était autorisé une petite pause dans l'immense salle. C'était une usine de traitement des eaux usagées, souterraine. En réalisant ça, Marc avait essayé de trouver une issue, mais les lourdes portes, presque blindées, étaient fermées. On devait trouver un autre moyen de sortir. Après s'être reposés quelques minutes, Marc et Malik décidèrent qu'on devait continuer. Le seul problème, c'était qu'il n'y avait plus de sol véritablement sec par lequel passer. Il fallait retourner dans les conduites de mélasse. Cela ne m'enchantait pas beaucoup de me retrouver dans la merde... Mais, par manque de choix, nous nous étions lancés, au hasard.

Il y avait des rats de temps en temps, mais rien de plus gros ou effrayant. C'était bon signe, ça voulait dire qu'on était dans un endroit vide de prédateurs. Tant que la vermine était sur notre chemin, nous étions en relative sécurité. Pendant deux jours nous avons du arpenter ces longs couloirs, interminables et puant. Nos robes cérémonielles ne nous aidaient pas beaucoup pour avancer et nos pieds nus, plongés dans un liquide visqueux et écœurant, n'arrangeaient pas la chose. De plus la faim commençait à nous tirailler, sans aucun vivre sous la main. Je n'avais jamais vécu quelque chose du genre. Les pires moments étaient durant mes tours de garde, quand on s'autorisait à dormir. J'étais seul, sans pouvoir parler à qui que ce soit. Les bruits des conduits et diverses canalisations se faisaient entendre à intervalles réguliers. C'étaient donc des heures horribles à passer debout, à combattre la fatigue, dans un bruit constant et la peur viscérale de tomber sur un zombie. Car nous allions forcément tomber sur un sac à viande au bout d'un moment, les moines devaient nous poursuivre ardemment. Alors que mon tour de garde se terminait et que je voulais réveiller les autres, je vis une lumière bleutée derrière nous. Sans l'ombre d'un doute, c'était un de ces foutus monstres. Je hurlai immédiatement à mes compagnons d'infortune de se réveiller, ce qu'ils firent avec une étonnante rapidité. Ni une ni deux, nous étions entrain de courir afin de nous sauver. L'endroit était trop exiguë pour se battre, et ces monstres n'étaient jamais seul... Au bout de longues minutes, la bête semblait avoir perdu notre trace. Mais la course folle ne s'était pas arrêtée pour autant, pas avant quelques dizaines de minutes. Encore une fois nous étions arrêtés, épuisés. J'avais du mal à bouger, avec mon corps sous-alimenté et l'eau qui faisait enfler mes pieds. Marc semblait dans un état tout aussi pitoyable. J'étais à bout de souffle. Mais mon regard s'était posé sur quelque chose d'étrange. Une grille sur le côté gauche, derrière une simple marche. Je la regardai avec des yeux ronds. Par curiosité, je m'en étais approché. Du vent soufflait au travers. J'appelai les deux autres.

"-Vous croyez que ça mène où?

- J'sais pas mec, mais si tu veux y aller c'est ton problème."


Malik m'avait répondu en premier. Il n'avait apparemment pas autant de curiosité que moi. Je secouai la grille, avant de m'apercevoir qu'un cadenas y était accroché. Une main remplie de vers et à l'apparence verdâtre attrapa l'un des plis de mon habit et me plaqua contre. Malik et Marc se jetèrent à mon secours. Je sentais les dents du zombie, et son haleine, à proximité de mes narines. Je pense que je me serais pissé dessus, si j'avais été hydraté. Le monstre avait eu l'intelligence, et la patience, de fermer ses yeux jusqu'à ce que je m'approche. J'étais choqué de la tactique. Mais le pire restait à venir, puisqu'il s'agissait d'une embuscade plutôt élaborée. Deux zombies, s'étant approchés très lentement de nous, avaient attrapé mes deux compères. J'essayai de me libérer de l'étreinte puissante de l'infecté, pendant que Marc frappait furieusement contre le crâne de son propre problème sur pattes. Mais, chose étonnante, son adversaire prit le dessus et le mit au sol, claquant de la mâchoire en vue du festin tout proche. Malik s'était fait prendre de dos, et il avait essayé de renverser le monstre. Mais, lui aussi, avait réussi à prendre le dessus.

*Alors je vais crever comme ça? Dans un putain d'égout, bouffé par un zombie de merde ?*

Je commençais à me faire une raison, terrifié. J'avais peur, comme un enfant. Je me mis à hurler de désespoir, pleurant presque. C'est alors qu'une main se posa sur mon dos, une main gantée. Elle me tira en arrière, et j'entendis des coups de feu. Deux types, armés de HK MP5, avec des visières et même des gilets pare-balles, étaient apparus de nulle part. Ils avaient déjà libéré Malik et Marc.
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MessageSujet: Re: Les Égouts   Mer 8 Aoû - 20:22

Le sauvetage avait été rapide. Les deux hommes venus nous secourir avaient l'air de savoir ce qu'ils faisaient. Après leur avoir parlé quelques minutes, j'avais appris qu'ils venaient d'une ville souterraine, construite peu de temps après l'attaque des sacs à viande. Ils avaient pour mission de patrouiller les réseaux d'épuration d'eau sur deux kilomètres. Tout cela pour s'assurer, encore et toujours, que tout danger était hors de portée.

"Z'avez eu d'la chance, on vient ici seulement deux fois par semaine. Et encore, ce conduit ci en l'avait jamais remarqué, c'est seulement grâce aux cris qu'Éric vous a entendu"

Nous les avions tous remerciés, car nous serions très certainement morts sans eux.

"On va vous conduire en sécurité, à Torelia. On a décidé du nom tous ensemble, on en est très fier."

*Il a quoi de particulier ce nom ?*

Je gardai cette remarque pour moi, jugeant pour une fois que la fermer valait mieux qu'autre chose. Nous suivions les deux hommes, dont les bottes faisaient un bruit rassurant au contact de l'eau à nos pieds. On avait marché pendant moins d'une heure, pour finalement arriver à un carrefour comme un autre. Il souleva une trappe cachée sous l'eau.

"La ville est installée sous un ancien bassin, qui est séché maintenant. Ça fait un mois et demi qu'on est ici."

C'était Éric qui parlait. Il nous fit signe de descendre à une longue échelle, tout en continuant de nous expliquer la situation.

"On est venus les mains vides, avec seulement un peu de nourriture. Il a vite fallu trouver comment survivre. Plusieurs fois par semaine on a des gars qui font des raids là-haut. Ils dévalisent tous les magasins qu'ils peuvent trouver et reviennent les mains pleines."

Ses mots étaient entrecoupés de petits grognements, puisqu'il descendait lui aussi l'échelle. Je n'osai pas encore regarder en bas. Une fois tous à terre, il reprit la conversation.

"- Au départ on avait pas d'endroit à nous, pas de maisons. Mais on s'est mis à casser les murs du coin et à récupérer tous les matériaux qu'on pouvait trouver. Depuis, on se paye le luxe d'avoir des baraques. Ok elles ont une sale gueule et un coup de vent trop puissant les ferait tomber. Mais quand on vit sous terre on est moins regardants.

- Et vous êtes à combien exactement ?

- Oh, 24 hommes, 18 femmes et 7 gamins. On a même des marchands ! Chacun a son petit boulot. C'est plus des trucs du même genre qu'avant la crise, mais on s'en sort."


J'étais sur le cul. Une quarantaine ! Au moins deux fois plus qu'au Bastion. Et visiblement mieux organisés. Mais plus difficiles à nourrir, vu les conditions d'accès. On marcha encore une bonne dizaine de minutes, avant de débouler sur un espace de sas. C'était en fait une ancienne écluse, destinée à réguler le flux d'eau pouvant entrer.

*Comment ils sont arrivés jusqu'ici ?*

Éric sifflota un petit air, et l'écluse remonta, dans un grand bruit d'engrenages rouillés et de chaînes centenaires.

"Content de vous revoir les gars !" cria un homme âgé.

"Ça c'est Jules, il sert de vigie et garde la porte."

La vue me coupa le souffle. Malik et Marc se jetèrent un regard étonné. On trouvait ça et là des décorations municipales, à thème de Noël, du Nouvel-An et d'autres. Elles servaient de lumières à tout le monde. Elles étaient pendues de bicoque en bicoque. Ces maisons de fortune avaient d'ailleurs un aspect très sale, millénaire. Mais elles tenaient debout, c'était le principal. Ils avaient même aménagé un genre de grande place, où le gros des gens se retrouvaient. Il y avait huit gardes dans la ville, en comptant Éric et son camarade, tous armés et affublés de protections militaires. Il s'en dégageait un étrange sentiment de confort et de sécurité. Peut-être était-ce le fait d'être sous terre, ou autre chose que je n'arrivais pas à ressentir. Peut-être l'activité quasi-normale qui y régnait. On pouvait même voir des gens s'emmerder fermement, ce qui était un signe de civilisation avancée !

Éric laissa son coéquipier vaquer à ses occupations. Il nous parla d'un endroit où on accueillait temporairement les gens sans maisons. Le gérant faisait tout de même payer les nuitées, car apparemment l'euro avait toujours un certain cours ici. J'étais soufflé par absolument tout : la sécurité, les armes automatiques de très bonne facture, les marchands qui vendaient de tout et de rien pour trois sous... Tout ici rappelait déjà l'ancien monde. Le gérant nous vit entrer et nous regarda d'un air amusé.

"- Ah Éric, qu'est-ce que je te sers ?

- Un bon whisky, sec ! Pas de glaçons hein, si tu me fais encore le coup je te jure que tu vas dans la prison !"


*Ils ont même une prison ?*

Les regards étonnés de trois malheureux buveurs s'étaient posés sur nous. Je compris pourquoi en me rappelant que nous portions toujours ces foutues robes, à défaut de mieux.

"Et vous messieurs, ça sera quoi ?"

Aucun de nous trois n'avait eu le temps de répondre. Notre sauveur avait immédiatement répondu.

"- Ils ne vont pas boire. Dis-moi, tu pourrais me faire une faveur et leur filer des chambres gratos ?

- Ah ! Et puis quoi encore ? Comme tu fais partie de la garde je te propose un bon tarif, 50% et tu me ramènes un petit tu-sais-quoi.

- Hors de question, ce serait m'arracher les couilles. Ma femme le fait déjà assez bien ! Ces trois pécores n'ont même pas un kopeck, je vais devoir utiliser mon propre argent."


*Un bon samaritain, évidemment...*

L'aubergiste accepta de nous donner deux chambres pour dix euros. Je trouvais ça très cher, vu que l'endroit n'avait pas la moindre étoile. Éric nous paya également un bon repas pour un euro chaque. Après l'avoir remercié, nous étions partis nous balader dans la ville. Notre guide ne pouvait plus rester, il devait rentrer chez lui, sous peine de se faire pourrir l'existence par sa femme.

*Ils ont déjà oublié ce qu'il se passe au dessus... Ils font comme si rien d'autre n'existait. J'aimerai pouvoir faire ça...*

Nous nous étions baladés dans la petite ville. Des gens étaient venus nous parler, proposant de nous donner des habits. On s'était retrouvés avec des vêtements en patchwork. Mon accoutrement me rappela Oblivion, le fameux jeu de Bethesda Softworks. Dans un de leurs add-on, on pouvait aller sur une île où la plupart des habitants étaient habillés de vêtements aussi moches et crasseux que les nôtres. La comparaison me fit glousser. Nous n'avions pas traîné très longtemps, la fatigue se faisant forcément ressentir malgré le gain d'énergie apporté par la nourriture. Malik et moi avions étés obligés de dormir dans la même chambre, Marc étant trop imposant pour pouvoir partager un lit.

J'avais du mal à m'endormir. Toute mon aventure m'avait fait oublier ce qu'il s'était passé au Bastion quand j'avais disparu. Van, le béhémoth... Lana et May me manquaient. J'étais certain que tout allait bien, comment aurait-il pu en être autrement ?
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Paul Rochel
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MessageSujet: Re: Les Égouts   Jeu 9 Aoû - 16:27

Retrouver un lit m'avait fait du bien. On m'avait appris que le jour où nous étions arrivés était le 18 octobre. La date d'anniversaire de ma sœur. Mais surtout, ça faisait près d'un mois que j'avais atterri dans les égouts... Au réveil, Éric était venu nous voir, pour savoir ce qu'on comptait faire. Lorsque je lui ai parlé du Bastion, il m'avait regardé avec des yeux ronds, étonné que d'autres endroits tiennent encore debout. Il m'avait dit que tous les deux ou trois jours, à heure régulière, on ouvrait une trappe dérobée. Elle se trouvait dans un couloir à l'arrière de la ville. Il fallait monter une échelle, continuer sur 500 mètres sans tourner, et tomber sur une autre échelle. De là on arrivait à une porte, qui donnait sur les quais de la Seine.

"C'est de là qu'on entre et sort pour ramener de la bouffe et d'autres trucs. C'est plutôt difficile pour les récolteurs, parce qu'ils doivent transporter des tas de choses et descendre les échelles avec. On pensait installer un monte-charge ou quelque chose qui nous permette de gagner du temps. Mais on est encore loin d'y arriver..."

Éric m'avait expliqué plusieurs des règles du coin. C'était la base de la base, hormis l'une d'elle.

"Ici on estime que les zombies ont des droits. Tout le monde est persuadé que les tuer est un crime. Parce que ce sont toujours des humains à l'intérieur, tu comprends Paul ? Peut-être que si on trouve un antidote et qu'on leur injecte, ils redeviendront comme toi et moi. C'est pour ça qu'il est interdit d'en tuer sans bonne raison. Et la seule bonne raison, c'est quand ils mettent directement en danger la vie d'un non-infecté. On a déjà mis des gens dans notre petite prison pour ça tu sais !"

*Ils sont tarés, complètement tarés...*

"Vous n'avez pas vu de quoi ces sacs à viande sont capables Éric. Vous êtes ici, sous terre, sans contact avec l'extérieur. Je peux vous assurer qu'en haut c'est différent. On tire à vue, sans état d'âme. Parce quand l'un de ces trucs bouffe vos amis, ou tente de vos dévorer la gueule, vous comprenez que quelque chose cloche..."

L'homme, habillé en "civil" aujourd'hui, me jeta un regard froid et méprisant.

"Mon fils a été mordu par un de ces trucs."

J'étais désormais très mal à l'aise, ne sachant pas quoi répondre. Il m'avait fait fermer la bouche, ce qui en soit était déjà un exploit. Mais il avait également provoqué en moi un petit maelström de pensées.

*Si May avait été mordue, t'aurais fait quoi gros malin ? Sûrement pas ce que lui a fait pour toi...*

Éric vit que j'étais en pleine tourmente. Il posa sa main sur mon épaule et me proposa de boire un verre, malgré mon comportement. Ce type avait tout d'un ange. Je passai une bonne partie de la matinée assis, à discuter avec Marc. Quand je lui avais proposé de venir au Bastion, il m'avait regardé d'un air amusé. Évidemment, la protection et l'organisation étaient meilleures ici... Malik non plus ne voulait pas partir. Je me fit donc une idée.

*Va falloir rentrer tout seul...*

Des récupérateurs étaient passés devant moi, parlant de faire une sortie au-dessus dès le lendemain. Quand j'avais entendu ça, je m'étais précipité vers eux pour demander à les accompagner. Après leur avoir expliqué que ma fille et ma femme m'attendaient au dehors, ils acceptèrent. J'étais donc resté une journée de plus, à ne rien faire. Je n'avais pas fermé l'œil de la nuit, la perspective de revoir ma famille étant trop stimulante. Quand le gong municipal faisant office de réveil général résonna dans toute la cavité, je su qu'il était l'heure de partir.

Quatre personnes m'attendaient, deux hommes et deux femmes. Elles me menèrent jusqu'à la sortie de leur ville, où Éric était de garde.

"Hé Paul, je t'oublie pas ! Tu me dois deux verres !"

Le ton jovial et chaleureux du bon homme, qui m'aurait fait vomir il y a deux mois, me fit plaisir. Je me promis de lui rembourser ce que je lui devais. Il fallait que le Bastion et Torelia aient un contact constant, si on voulait survivre plus longtemps.

Après avoir passé un long couloir, être monté à plusieurs échelles, cela sans pause, nous nous étions retrouvés face à une porte. Elle ressemblait plus à une grille qu'autre chose. Dans deux recoins, bien cachés, deux hommes étaient assis. Ils surveillaient l'entrée, au cas où. Pour la première fois depuis longtemps je revoyais la lumière du jour. Par chance il pleuvait et les nuages voguaient dans le ciel Parisien. Mes yeux n'eurent donc aucun problème pour s'accommoder à la luminosité. La porte débouchait sur un petit chemin pentu, à flanc d'une petite butte face à une branche d'un fleuve. De par l'aspect, l'eau me faisait penser à la Seine. Je demandai aux récupérateurs où nous étions.

"À Pantin. Pas loin de Paris. On va vous amener jusqu'aux abords de Maisons-Alfort, comme Éric nous a demandé."

Ils tinrent leur promesse. À une dizaine de mètres, ils avaient caché deux gros camions. Au vu de la couleur, ils appartenaient à l'armée, il fut un temps. Tout le trajet se passa sans encombre, si ce n'est les quelques zombies ça et là. On avait évité le périphérique et prit les petites routes, pour plus de sécurité. Après trois quarts-d'heures, nous étions arrivés devant le panneau de bienvenue de Maisons-Alfort. Je remerciai les récupérateurs et descendait.

"Au fait Paul, Éric vous a donné un petit quelque chose, au cas où !"

L'homme me lança une petite sacoche et un Glock 17.

"Allez, bon courage ! Et faites gaffe à vous m'sieur !"

Les deux camions démarrèrent avec force crissements de pneus. Je restai là, sans rien dire. Il y avait deux chargeurs pleins dans la sacoche. Quand les véhicules sortirent de mon champ de vision, je me décidai à prendre la route. Je courrais, à vrai dire.
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